Martine à l’école… de la vie

Un jour, une amie nous envoie une vidéo d’une femme qui témoigne avoir guéri de la fibromyalgie. C’est la première fois que nous entendons parler d’un tel cas. Nous pensions la maladie incurable. Sous la vidéo, un numéro de téléphone. Nous appelons et tombons sur Martine, 66 ans, formatrice en développement personnel. Elle accepte de témoigner. Nous vous livrons ici l’histoire d’une guérison par le jeûne. Notre propos n’est pas de prétendre qu’il s’agit d’une thérapie au résultat certain, mais de rapporter un témoignage de vie qui nous semble précieux.

Solliciter
Témoigner

A 29 ans, je suis partie de la maison avec mes deux enfants. A 36 ans, mon fils est né, donc j’avais trois enfants à charge à gérer. Peu de temps après, je me suis faite licencier de mon travail de décoratrice. Mon petit dernier était anémié par la pollution du Havre. J’ai téléphoné à sa grand-mère ;  je lui ai demandé si je pouvais la rejoindre un temps en Vendée. Elle m’a dit oui et je suis partie en laissant tout derrière moi.

Martine arrive en Vendée à presque 40 ans. Jusque là, elle avait toujours vécu au Havre. Elle se reconstruit une vie et continue à travailler avec acharnement pour subvenir aux besoins de ses enfants. C’est sa seule raison de vivre : “Je vivais pour mes proches”. Sauf, qu’en 2008, en moins de 2 mois, une succession de départs va bouleverser sa vie. Sa maman décède. Son fils quitte la maison pour vivre sa vie et elle rompt avec son compagnon de l’époque. L’écosystème qu’elle avait créé, dont elle était le noyau, se disperse. A 56 ans, elle se retrouve seule. La seconde vie de Martine commence.

“J’ai pris ma voiture, je ne savais pas comment, mais je voulais quitter cette vie.”

Je suis face à moi même, entre mes 4 murs. Pour moi, ma mission était terminée. Je n’avais plus rien à faire ici. Tous les gens importants de ma vie étaient partis ou autonomes. Un jour, je suis arrivée au travail, je me revois en train de porter une boite. Elle m’échappe des mains et là : plus de son, plus de lumière. C’était une grosse dépression. Je n’existais plus. Pendant des mois, je ne pouvais plus que dormir / pleurer, dormir / pleurer. Un jour, j’ai voulu en finir avec tout ça. A quoi bon… J’ai pris ma voiture, je ne savais pas comment, mais je voulais quitter cette vie. Je pleurais tellement, je suffoquais au volant. Je me suis retrouvée dans une forêt que je ne connaissais pas et au moment où ça allait le plus mal, mon téléphone s’est mis à sonner. C’était une femme qui travaillait aux urgences. Je ne sais pas pourquoi elle a appelé à ce moment là. Le mystère reste entier aujourd’hui. Elle a compris que je n’allais pas bien. Moi, j’arrivais à peine à parler. Elle est restée avec moi. Elle ne voulait pas me laisser. Elle m’a dit de venir aux urgences. Je roulais, roulais et j’ai fini par apercevoir le panneau “Sables-d’Olonne”. Je suis arrivée aux urgences elle était encore au téléphone. Forcément, je l’ai reconnu tout de suite. Ils m’ont pris en charge.”

Après cet épisode, toujours dépressive, elle continue à vivoter. Deux  ans et demi plus tard, son fils revient vivre chez elle. Jusque là, elle avait toujours réussi à dissimuler sa dépression à sa famille, mais désormais elle ne peut plus se cacher.

“Attraper un verre d’eau ou le contact d’un drap sur ma peau me font mal”

Je ne pouvais pas supporter son regard sur moi. Je me suis dit “ok j’arrête la dépression.” “Je suis allée voir mon médecin et je lui ai dit que je voulais arrêter tous les médicaments. Il m’a parlé d’un médicament capable de remplacer tous les autres. Un médicament “nouvelle génération”. Sauf que ça a eu l’effet d’un véritable poison sur moi. Une horreur ! Je me suis mise à souffrir de partout. Tout me faisait mal, un vrai supplice physique. Quelque temps plus tard, je suis tombée sur un article au sujet de la fibromyalgie. Je suis allée voir un rhumatologue qui m’a examinée. Il a détecté les 18 points de douleurs et le diagnostic est tombé : c’était bien la fibromyalgie.

J’ai donc la fibromyalgie. Qu’est ce que j’en fais ? Au début, je continue de souffrir. Attraper un verre d’eau ou le contact d’un drap sur ma peau me font mal. Ca dure 1 an et demi, je ne supporte plus rien. J’allais voir un magnétiseur régulièrement pendant cette période. Il me parle d’une conférence d’un naturopathe se tenant aux Sables d’Olonne.” La conférence ne donne rien mais à la fin Martine aperçoit une affiche d’un certain Alexandre Lucas, coach en développement personnel et lit ce message “être créateur de sa vie. “Là, j’ai compris que je n’avais jamais existé. J’avais toujours tout fait pour les autres. Je n’existais pas !

Martine s’inscrit à la formation de M. Lucas. Deux jours par mois, elle suit des séminaires. Elle a toujours mal mais elle est motivée. Elle accumule les découvertes sur elle-même. Elle apprend à se connaître petit à petit. Après 6 mois, le théme “je m’aime” est aborder. C’est une véritable déferlante émotionnelle pour Martine. Elle éprouve les pires difficultés à s’aimer. Elle bloque. Elle va jusqu’à s’inventer une meilleure amie imaginaire pour lui dire “je t’aime” et pouvoir se poser des questions à elle même. Après deux mois, sa meilleure amie disparaît et Martine comprend enfin qu’elle peut s’aimer elle-même. A son retour, elle tombe sur un prospectus sur le jeûne thérapeutique. Elle lit qu’il peut aider les personnes porteuses de fibromyalgie.

“Je gesticule dans tous les sens, je dois avoir l’air d’une folle, mais je suis si heureuse !”

Je m’inscris, le jeûne était dans deux mois. Pendant ces deux mois, je me disais tous les jours : “Je reviens du jeûne en parfaite santé”. On se prépare avant, pendant 1 mois, pour retirer pas mal d’aliments : le lait, par exemple, et plus ça va, moins tu manges de choses à croquer. Nous étions 24, tous avec des maladies différentes, tous avec l’espoir d’aller mieux. Nous buvions de l’eau chaude tout le temps et exclusivement. Au bout de 3 jours, nous sommes passés en phase de “détoxination”, moment où à défaut d’être nourri, le corps prend le relais. Le foie se met à travailler pour les autres organes. J’ai éprouvé de nouvelles douleurs en plus de celles que j’avais déjà. Après 5 jours, nous sommes rentrés chez nous. Avant de partir, nous nous engageons envers nous mêmes à continuer le jeûne. Moi, j’étais fatiguée. J’avais encore plus mal. Je me suis engagée à tenir 5 jours de plus. Je me suis couchée d’épuisement en arrivant chez moi.

Pendant la nuit, je me réveille, je me tourne et je sens que je n’ai pas mal. Rien ! Je vais dans mon salon, je sens que mon corps reprend le dessus. Je gesticule dans tous les sens, je dois avoir l’air d’une folle, mais je suis si heureuse !

La guérison est une révélation pour Martine. Elle tourne une vidéo, dans laquelle elle parle de sa maladie et du jeûne qu’elle a suivi. Elle laisse, à dessein, son numéro de téléphone. Les mois suivants, elle passe des heures au téléphone avec des personnes atteintes de fibromyalgie. Elle cherche avec eux le “pourquoi” du déclenchement de leur souffrance physique. Souvent, elle constate que toutes ces personnes vivent pour les autres et ne s’écoutent pas, comme ce fut le cas pour elle. “S’écouter, c’est la clef. Il faut se dire que lorsque que c’est une évidence, c’est bon pour soi. On a tout en nous, les bons outils, les bons messages, il faut s’en servir, et j’insiste : il faut s’écouter !”  Martine sait le faire maintenant et sera ravie de mettre le fruit de son expérience à votre service.

Fibromyalgie : Les portraits

2019-05-23T13:17:44+01:00
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