Nicolas : “de mon burn out … à moi”

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Nous découvrons Nicolas à travers son blog “ Mon burn out à moi”. Son objectif : sortir de l’isolement les personnes touchées par le burn out en leur présentant des méthodes pour aller mieux, des conseils mais aussi des témoignages.  Incongru pour qui l’eût connu il y a 5 ans, à l’époque où il se débattait avec le temps, les contraintes et la morale. Aujourd’hui Niko ne suffoque plus, il écrit. Le résultat d’un long cheminement dont le point de départ sonne comme une fin de non retour : le burn out.

Format écrit

Toulousain d’origine Nicolas a travaillé pendant 10 ans au sein du service partenariat du TFC. Fiable et consciencieux, il est à l’opposé du “commercial requin”. Il n’a qu’une parole : quand il dit, il fait et ne se dérobe jamais. Cet état d’esprit est récompensé : parmi l’équipe commerciale, il obtient les meilleurs résultats. A l’été 2012 un de ses amis recherche un directeur commercial pour développer un club ariégeois : il se tourne naturellement vers Nicolas. L’ambition pour ce club de troisième division : monter en ligue 2. Il accepte et rejoint le club de Luzenac, dirigé par Fabien Barthez.

La tâche est ardue. Très vite Nicolas revêt de multiples casquettes. En plus de la partie marketing et commerciale pour laquelle il a été recruté, il se charge de la paie des joueurs, de la partie sociale, des impôts, de l’administratif. “ Je gérais tout jusqu’à mettre des panneaux sur le terrain”. Il est le “bon mec” sur lequel peuvent se reposer ses collègues. D’ailleurs la main d’oeuvre est limitée : ils ne sont que 3. Au-delà du rythme soutenu il se heurte à des problématiques éthiques : il dit mais il ne peut faire. Il ne peut pas payer les joueurs et les fournisseurs à temps car les finances sont au plus bas. En Ariège, les sponsors ne se bousculent pas au portillon. Nicolas ne s’accorde plus la moindre mi-temps, et s’il a le malheur de décrocher quelques instants, la sonnerie de son téléphone le ramène à la réalité. Il doit se justifier auprès du joueur qui n’a pas encore été payé, calmer le fournisseur qui n’a pas perçu le fruit de son labeur.

“Dès que je prenais la voiture j’éprouvais des difficultés à respirer. Quand je n’en pouvais plus je m’arrêtais sur la rocade. J’avais l’impression que j’allais mourir”.

Le soir chez lui, dans son lit, il envoie des mails. Son fils vient de naître et ses nuits se font courtes : à la pression du travail s’ajoute la fatigue physique. Le weekend il ne sort plus. Les trajets en voiture virent au cauchemar : “Dès que je prenais la voiture j’éprouvais des difficultés à respirer. Quand je n’en pouvais plus je m’arrêtais sur la rocade. J’avais l’impression que j’allais mourir”. Ces crises d’angoisse sont quotidiennes mais Nicolas se cramponne au volant.

Il étouffe mais s’accroche : la liste des tâches s’allonge et il ne peut déroger à ses responsabilités. Les problématiques du club l’habitent si bien que lorsqu’il rentre chez lui, il se munit d’une paire de Boules Quiès pour ne pas être dérangé par ses enfants. Noyé dans ses pensées, il se ferme comme une huître. Un soir sa femme le découvre dans son lit à deux doigts du malaise vagal : “j’étais allongé dans ma chambre, au bord du gouffre en pleurs, avec les jambes en l’air car je me sentais partir”. Le lendemain il se rend chez son médecin : mis en maladie, il est déclaré hors jeu pour cause de burn out.

“J’ai un sentiment de honte de me dire que j’ai craqué, que je suis fragile, que je n’ai pas supporté le stress et la pression. Je ne prononce jamais le mot burn out.”

Pendant trois semaines Nicolas est sous la couverture : il dort profondément. Excepté à son épouse il ne parle du diagnostic à personne : “ Je veux être fort et donc même quand je suis en arrêt maladie je ne dis à personne ce que j’ai véritablement. J’ai un sentiment de honte de me dire que j’ai craqué, que je suis fragile, que je n’ai pas supporté le stress et la pression. Je ne prononce jamais le mot burn out.”  Puis il décolle la tête de son oreiller et comprend qu’il doit évacuer. Son échappatoire : l’écriture. Puisqu’il ne peut s’ouvrir à son entourage il songe à raconter son histoire à des inconnus, à des gens qui ont vécu la même épreuve. Nicolas crée un espace éloigné de son quotidien, où il apprend pour la première fois à parler de ce qu’il ressent. Le blog “Mon burn Out à moi” vient de naître.

Une bulle d’oxygène qu’il peut moduler à sa guise. “Je me suis demandé ce que je pouvais faire pour m’en sortir. Il y a des médicaments pour les maux de ventre mais malheureusement pas pour le burn out. Alors j’ai cherché des thérapies et j’en ai trouvé une qui me plaisait : écrire”. Parallèlement à ce remède naturel, il se fait soigner médicalement pour remonter la pente.

Au bout d’un mois et demi il reprend le travail, à son rythme. Il est secondé par une nouvelle recrue qui reprend une partie de ses sujets. Le soir en rentrant chez lui, il coupe son téléphone. En mai le club se hisse en ligue 2 sportivement mais cette montée est refusée administrativement car les comptes sont dans le négatif. Paradoxalement Nicolas est soulagé : l’ombre du burn out ne plane plus. Son boss qui est également PDG d’une société de promotion immobilière, lui propose un nouveau poste de directeur commercial qu’il accepte. La structure de l’entreprise est plus robuste et il s’impose des journées à un rythme classique. Il continue à se renseigner sur les questions de gestion du stress et se forme à la programmation neuro linguistique. Il découvre l’hypnose et la sophrologie. Le stress qui l’empêchait de respirer quelques mois auparavant devient une source de connaissance.

Son blog se développe : il publie 2 à 3 articles par mois et communique régulièrement avec des personnes passées par l’expérience burn out. Dans ce domaine aussi il souhaite progresser et il suit des formations de blogging en ligne. Il écrit également un livre Comment j’ai survécu au burn out pour parler avec précision de l’épreuve qu’il a traversée et des différentes thérapies qu’il a testées. Sa vie professionnelle se porte bien : il devient responsable de l’agence immobilière.

Rôdé à l’écriture il s’aventure désormais en territoire inconnu, celui de la prise de parole en public. En septembre, il est intervenu lors de sa première conférence pour évoquer son parcours ainsi que ses connaissances autour du fonctionnement du cerveau. L’issue de cette première expérience ? “A la fin de mon intervention les 70 personnes présentes dans la salle se sont levées : standing ovation ! Je n’en revenais pas ! La dernière fois que j’avais pris la parole devant un public aussi conséquent c’était à l’école devant la salle de classe et je n’étais pas à l’aise du tout.”

En 2019 je prends un virage 180 degrés et j’accentue ce qui me fait plaisir

Aujourd’hui Nicolas vient de s’associer à une psychologue thérapeute avec qui il développe un programme en ligne pour aider les femmes qui viennent de monter une entreprise. Grâce aux compétences en marketing digital qu’il a acquises à travers son blog il va prendre en charge toute la partie accroissement de la visibilité sur le web. “ En 2019 je prends un virage à 180 degrés et j’accentue ce qui me fait plaisir”. En effet Nicolas n’en reste pas là : il poursuit ses activités commerciales à son compte. L’objet qui l’a poussé à se lancer : une couverture qui fait 10% du poids du corps. Souvent prescrite pour des enfants autistes elle parvient à calmer celui qui se love dedans. Elle est déjà commercialisée en Angleterre, aux Etats-Unis et appréciée par un large public pour ses vertus apaisantes. L’ambition de Nicolas : la vendre en France.

Si par le stress vous vous sentez envahi, ne vous murez pas dans le silence… venez rencontrer Nicolas !             

Burn out : Les portraits

2019-07-15T18:06:04+01:00
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